Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 08:29
*1892"Le Socialiste", 16 octobre 1892
GREVE GÉNÉRALE Jules Guesde : Réponse ouverte, 16 octobre 1892
Dans une lettre ouverte qu'il m'adresse par la voie de La Démocratie de l'Ouest, le citoyen Fernand Pelloutier, de Saint-Nazaire, m'expose qu'il n'y a que " trois moyens de substituer à l'oligarchie actuelle un régime démocratique ayant pour base l'égalité économique. Ce sont : le suffrage universel, la grève générale et la Révolution. Et il s'étonne que, " répudiant comme lui l'insurrection, je refuse, contre lui, l'arme pacifique et légale de la grève générale ", pour m'en tenir au seul suffrage universel qui, en mettant toutes choses aux mieux, demandera cinquante ans pour aboutir. Jamais, ajoute mon correspondant, " les soldats de la grande armée socialiste n'attendront aussi longtemps ". Nous l'espérons bien, camarade. Aussi n'avons-nous a aucun moment, dans le Parti ouvrier, laissé croire aux travailleurs qu'ils pourraient s'affranchir électoralement. Si, en opposition avec les anarchistes, nous préconisons la participation au scrutin, c'est comme moyen de propagande, d'organisation et de lutte. Le vote – de classe – a pour but de constituer l'armée ouvrière, de l'entraîner par la petite guerre à coups de bulletins et de lui faire occuper, dans les corps élus, les positions qui, les événements aidant, lui permettront d'écraser l'ennemi en bloc et d'une seule fois. Mais jamais nous n'avons subordonné la prise de possession du pouvoir politique par le prolétariat – ce qui est la condition sine qua non de l'émancipation du travail et de la société – à une majorité socialiste dans le Parlement. Voudrions-nous reculer jusqu'à une pareille échéance la reprise et la socialisation des usines, mines, chemins de fer, ateliers et autres moyens de production et de transport, que nous serions emportés par le courant révolutionnaire, qui nous acculera à un 24 Février ou à un 4 Septembre dès que le Parti ouvrier aura groupé autour de son programme d'expropriation une minorité prolétarienne suffisante. Si nous sommes obligés d'écarter, comme un mirage trompeur, la grève générale qui hypnotise le citoyen Pelloutier et d'autres avec lui, c'est qu'elle serait plus longue encore que le suffrage universel à nous conduire au but. Ce n'est pas cinquante ans, c'est un siècle ou deux qu'exigerait cette suspension générale du travail, qui ne saurait cesser d'être mot vide pour devenir une réalité victorieuse qu'autant que la généralité des travailleurs y serait consentante et participante. Or, actuellement, alors que sans effort, sans risque d'aucune sorte, il serait loisible à la classe ouvrière de voter pour elle- même, pour ses propres candidats et contre les candidats de la classe exploiteuse, une minorité seulement a répondu à l'appel du socialisme. Qu'on juge après cela du temps qu'il faudrait pour que, au prix de son pain et du pain des siens, du pain de la femme et des enfants, non seulement la majorité mais l'unanimité des salariés fût amenée à faire le vide autour des chantiers abandonnés ! Ah ! certes, non, le Parti ouvrier n'ajournera pas à cette époque aussi lointaine qu'indéterminable la sortie de l'enfer social. Parti de Révolution, et par suite, d'insurrection, lorsque l'insurrection devient plus que possible, nécessaire, il n'accordera pas, il ne pourrait accorder sans trahison un pareil sursis à la digestion ou à l'indigestion bourgeoise. C'est violemment, par la force, que le Tiers-état s'est installé au pouvoir. C'est violemment, par la force qu'à la première faillite de la bourgeoisie gouvernementale, le Quart-Etat organisé dans son élite mettra sa main de producteur sur la République de l'heure présente. Loin de " répudier le moyen révolutionnaire ", citoyen Pelloutier, nous l'avons toujours donné comme inévitable, parce que l'histoire nous a appris qu'il n'y en avait pas d'autre. Vous parlez de trois moyens entre lesquels on serait libre de choisir. Il n'y en a et il n'y en a jamais eu qu'un seul. C'est l'Etat arraché à la classe privilégiée et devenant entre les mains de la classe sujette l'instrument de sa rédemption et de la transformation sociale. De là la méthode ou la tactique de notre Parti, qui est la méthode ou la tactique des partis socialistes de tous les pays : l'expropriation politique de la classe capitaliste aujourd'hui, son expropriation économique demain. J. Guesde – GREVE GÉNÉRALE http://www.marxists.org/francais/guesde/works/1892/10/guesde_1892... Sociologie de la CGT La CGT qui représentait 53 % des salariés syndiqués en 1946, ne représente plus aujourd’hui que 3 % des syndiqués français, avec 700 926 adhérents en 2005. Bernard Thibault (SNCF), en est le secrétaire général depuis 1999. Sa sociologie s’est modifiée au cours du temps : En 1946, elle représentait 53 % des salariés syndiqués. - ouvriers : 1945 : 65 % - 1998 : 39 % . - techniciens, maîtrise, cadres : « 12 % - « 27 % . Son implantation est faible chez les femmes : 48 % du salariat pour 27 % des syndiquées. La tendance est au vieillissement : en 1999, les 2/3 des adhérents ont plus de 40 ans. Elle est sur représentée dans le secteur public par rapport au privé : 2001 – Fédérations des mines et de l’énergie, (EDF), 12 % des effectifs ; métallurgie 10 % services publics , la Poste 9 et 9 % Santé ( Hôpitaux, cliniques) 8% SNCF 8% Cependant, la CGT demeure le première en terme d’audience électorale : - Comités d’entreprise : 2001 - 23 % - Prud’hommes : 2002 - 32,1 % - CFDT : 25 % - FO : 18 % L’abstention aux élections prud’homales progresse régulièrement : 36,9 % dans le secteur privé en 1979 pour 67,3 % en 2002. Les défis de la Cgt - l La nécessité de s’adapter à une rapide transformation du monde salarial qui ne représente plus (mais encore) que 27 % des salariés. Ouvriers et employés pour 53 % à 57 % du salariat forment les classes populaires. - Les couches nouvelles de techniciens, ingénieurs et cadres se développent rapidement ; - L’emploi féminin représente un emploi sur deux. - Les populations salariales sont de plus en plus métissées. Il devient nécessaire d’apporter des réponses au décalage entre la sociologie de la Cgt et les modifications de la composition du salariat. Ceci dans un contexte où il faudrait aussi répondre à ces questions qui traversent le syndicalisme français : - Une faible implantation ; - Le syndicalisme français dans sa version Cgt a toujours marqué peu d’intérêt pour le syndicalisme de service par rapport à un syndicalisme de luttes. - L'histoire sociale française est articulée autour de grandes crises : - l La grève de 1906 ; - l Les grèves de 1917 à 1920 ; - Les grandes grèves du Front populaire en 1936/1938 ; - La libération de 1946 à 48 ; - Les grèves de 1968 ; - La grève de 1995. Le mouvement syndical français entretient toujours un rapport étroit avec l’action politique. L’hostilité du patronat est permanent et celle de l’Etat s’y ajoute le plus souvent. C’est pour cela que le syndicalisme de négociation ne s’est pas développé en France. Quel projet syndical pour la Cgt ? Bernard Thibault n’est plus un dirigeant membre du Conseil national du PCF. Cependant chaque tendance du parti communiste occupe une place au sein de la direction de la centrale. Il existe donc un risque du transfert des divergences qui agitent les communistes. Nous avons pu le constater lors du positionnement de la Cgt sur le projet de traité européen. Comment la Cgt pourra t‘elle gérer cette question de son rapport aux partis politiques ? Va t’elle aller vers un syndicalisme d’accompagnement après la rupture idéologique avec le PCF ? Va t’elle conserver un modèle stratégique basé sur la lutte des classes ? Après son adhésion à la nouvelle centrale mondiale, la CSI, à la centrale européenne CES, la Cgt va t’elle abandonner ses références communistes, s’orienter vers des références social-démocrates ? Un syndicalisme d’accompagnement ? Quels seront ses rapports, parfois houleux, avec l’altermondialisme, bien qu’elle participe comme membre fondateur à l’association ATTAC.
Par PG21 - Publié dans : Une histoire du syndicalisme par Allain Graux
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 09:26
Le syndicalisme fait partie du patrimoine vivant de l’humanité et de la démocratie. Fait social devenu universel, il a d’abord émergé en Europe avec la révolution industrielle, et y est resté depuis profondément enraciné.

L’histoire plus que séculaire de la CGT s’inscrit dans cet ensemble. Née de la volonté des salariés de s’organiser collectivement et durablement pour défendre leurs intérêts face à l’oppression et à l’exploitation, pour conquérir des droits et les faire valoir, pour imaginer un monde plus juste et proposer des voies pour y parvenir, sont le cœur de son action syndicale.

Bâtie selon deux dimensions professionnelles et géographiques, la CGT s’est forgée et constituée au fil de l’histoire autour d’une conception de solidarité entre les salariés qui combine l’ancrage à l’entreprise et à son environnement territorial.
 La CGT est née en 1895 au Congrès de Limoges. Ce n’était cependant pas l’acte de naissance du syndicalisme français.
C’est après l’épisode sanglant de la répression de la Commune de Paris (1870) que des organisations ouvrières illégales surgissent et s’organisent. A partir de 1881, on compte en France cinq cent chambres syndicales de toutes natures, des associations mutualistes et des Bourses du travail.
*1791- La loi Le Chapelier-qualifiée de terrible par Jean Jaurès-confirme la suppression des corporations et l’interdiction des coalitions et les actions qui peuvent en découler comme la grève.
*1884- La loi Waldeck Rousseau abroge la loi Le chapelier et autorise la création des syndicats en France. Les activités de secours mutuel et les activités syndicales sont formellement séparées. Cette différenciation sera très importante dans l’évolution du syndicalisme en France à la différence du syndicalisme germanique, nordique, anglo-saxon.
Des congrès ouvriers se déroulent en 1876,1878,1879. Ces premiers congrès sont très composites : on trouve des sectes socialistes, des représentants de mutuelles, d’associations d’entraide. Deux formes d’organisations se sédimentent et s’opposent : les mutuelles qui sont les plus importantes grâce au soutien de Napoléon III et les chambres syndicales, plus radicales. Certaines mutuelles soutiennent les mouvements de grève en organisant la prévoyance et les caisses d’entraide.
*Le droit de grève a été reconnu le 25 mai 1864.
 
La structure fédérale ( verticale)
*1886 – Date de création de la première organisation :
 La Fédération Nationale des Syndicats et groupes corporatifs de France et des Colonies ( FSN).
Elle est animée par des «guesdistes».
*Jules Guesde a créé le Parti Ouvrier Français. C’est un personnage décisif du mouvement socialiste qui a fait pénétrer le marxisme en France.
Deux caractéristiques :
les ouvriers sont rassemblés en corporations par métier (plusieurs syndicats pour un même produit, rassemblés en Fédérations).
le syndicat est sous l’influence directe du POF.
 
La structure locale horizontale
Elle se développe à travers les Bourses du travail, avec le responsable ouvrier Fernand Pelloutier.
1892 – Les Bourses se fédèrent en Fédération Nationale des Bourses du Travail, en particulier dans les villes dirigées par des socialistes. Ce seront les bases ouvrières du «socialisme municipal».
Ses animateurs sont plutôt des anarchistes.
Les anarchistes voulaient changer le monde par l’action directe, les attentats. Cette forme d’action a tourné court et entraîné
 une forte répression. Les anarchistes se réfugient au sein des Bourses qu’ils vont influencer avec un message libertaire
 
Les deux formes d’organisation, fédérale et locale, vont marquer le mouvement ouvrier français et présider à l’organisation de la CGT : une organisation verticale en Fédérations de métiers et une structure horizontale en Unions Locales qui regroupent les syndicats de diverses entreprises d’un même lieu.
Au congrès de 1895, la FNS et La FNBT s’unissent et créent la première organisation confédérale : la CGT ; des organisations non fédérées la rejoignent.
En 1890, on comptait 400 000 syndiqués.
Cette CGT reste cependant profondément divisée. Pendant dix ans la structure demeure vide. C’est seulement en 1902 que la vraie fusion s’opère au Congrès de Montpellier.
 
Les trois courants idéologiques
-         les guesdistes : courant marxiste qui va voir son influence se réduire jusqu’en 1914, mais il conservera des positions fortes dans le Nord où il restera majoritaire.
-         les réformistes : minoritaire, il se renforce au cours des années et est vraisemblablement majoritaire en 1914. Cependant il ne dirigera jamais la CGT, du fait de structures de fonctionnement peu démocratiques.
          - le courant syndicaliste révolutionnaire :il est central et donne sa couleur au syndicalisme français :
une condamnation sans appel du capitalisme.
il rejette l’Etat ; favorable à sa destruction, il est opposé à sa conquête (la voie électorale). Cet « anarcho-syndicalisme » est l’héritier des libertaires anarchistes.
le rejet du politique. C’est une affirmation de l’indépendance syndicale à l’égard des partis politiques de la Gauche. Cette opposition sera confirmée par la charte d’Amiens* en 1906 qui est la marque particulière d’un syndicalisme français souvent accusé de politisé, alors qu’il est parmi les plus indépendants au sein du syndicalisme. * (voir précédemment : caractéristiques du syndicalisme en France)
C’est aussi l’année de la première grève générale de l’histoire.
l’élitisme : le syndicalisme doit forger ses propres méthodes de lutte, avec des minorités conscientes.
(* on retrouvera cette conception dans le bolchevisme puis dans les mouvements trotskistes, celle de l’avant-garde ouvrière).
Il ne s’agissait pas de rassembler mais de mettre ne action les militants les plus déterminés.
*Emile Pouget en 1907, déclarait dans une brochure de la CGT, que « la masse amorphe pour nombreuse et compacte qu’elle soit serait mal venue de récriminer puisqu’elle bénéficie des victoires obtenues...ce sont de véritables zéros humains dont la valeur ne peut apparaître qu’à la droite des salariés.
- Conception de la grève générale comme exaltation de l’action directe :*...l’action directe s’oppose à l’action indirecte de l’action de la démocratie et du parlement...(Hubert Lagardet- le socialisme ouvrier)*
 
Autres courants :
-         Les « possibilistes », courant très réformiste.
-         Les « alemanistes » de Jean Aleman, déporté après la commune de Paris.
-         Les « Blanquistes » d’Auguste Blanqui, qui fréquentera beaucoup les prisons pour ses tentatives de coup d’Etat, animera un courant de radicaux révolutionnaires.
-         Les socialistes indépendants, représentés par Jean Jaurès et Léon Blum, dirigeants du Parti socialiste
(le PSU ou SFIO créée en 1905 qui unifie les partis ouvriers).
Le syndicalisme révolutionnaire va dominer le mouvement ouvrier et syndical de façon courte entre 1906 et 1909. Ce syndicalisme radical a existé en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas, mais il n’y a qu’en France et en Espagne que le syndicalisme révolutionnaire a été dominant.
 
Interrogations sur son influence.
Avant 1914, le syndicalisme français ne rassemble que peu de troupes : 4 % des salariés. Ses zones d’influence sont limitées à quelques secteurs : les mines, les cheminots, le textile, le livre et la métallurgie dans une moindre mesure. C’est cependant au cours de cette période que seront lancés de puissants mouvements revendicatifs. Les luttes pour la journée de 8hoo se solderont par un succès en avril 1919 au lendemain de la Grande Guerre après la loi du 25 mars qui institue les cadres des Conventions Collectives.
Des éléments sont apportés pour la création d’un régime de retraites.
 
La guerre de 1914 (14/21) – Inversion de l’identité de la CGT.
En 1914, sous l’influence de Léon Jouhaud, dirigeant du courant réformiste, en quelques semaines l’attitude de la CGT va basculer. Antimilitariste, elle va devenir patriote et belliciste, et encourage l’effort de guerre. L’Union sacrée se met en place pour la « Revanche ».
1918 – Léon Jouhaud : « il faut renoncer à la politique du poing tendu pour adopter une politique de présence...être présent partout où se discutent les intérêts ouvriers. »
Trois raisons pour ce retournement :
1)-Entre les proclamations et l’action réelle, l’écart s’est creusé avant la guerre. La tendance est à l’intégration à la Nation.
2)-Le poids du nationalisme républicain dans les consciences ouvrières : 1914 a été vécu comme la réminiscence de 1789, la lutte contre les «barbares d’outre-Rhin», alors que le barbarisme féodal était plutôt chez le Tsar de toutes les Russies, avant que n’éclate la révolution d’octobre en 1917.
3)- La crainte de la répression : les souvenirs de la Commune et la crainte de l’emprisonnement ; le carnet B institué par Malvy (une sorte de livret militaire pour les ouvriers, passeport indispensable à l’embauche).
 
Durant la période de la guerre la CGT participe aux commissions sous l’égide de l’Etat. Elle rencontre peu de résistance jusqu’en 1917.
L’opposition syndicale et pacifiste va organiser deux conférences internationales :
à Zimmerwald (Suisse) avec la participation de Lénine et Trotski.
A Kienthal.
Ce sont ces militants qui animeront et formeront les cadres de la troisième Internationale organisée sous l’influence du parti communiste soviétique (bolchévik) qui a triomphé en Russie.
 
La Cgt qui est issue de la guerre est renforcée et chevauche de puissants mouvements sociaux qui correspondent aux frustrations économiques et sociales engendrées par le conflit. Les effectifs vont accompagner ce mouvement, ils vont doubler sur un fonds de tentative de révolution socialiste mondiale. Les Bolchéviks ont réussi en Russie, et à sa suite les gauches socialistes se soulèveront ou s’agiteront en Allemagne, en Belgique, en Hongrie, en Suisse, en Italie, en Grande-Bretagne, en Roumanie, en Bulgarie.
En France, les cheminots déclencheront en 1920 une grande grève à tendance insurrectionnelle. Elle provoquera une cassure entre les sensibilités au sein de la Cgt :
- les réformistes avec Léon Jouhaud (socialiste) vont s’opposer aux :
- révolutionnaires animés par les Pacifistes qui vont connaître un succès grandissant après-guerre. Ce courant donne naissance, politiquement, au Parti Communiste (SFIC*) au Congrès de Tours en 1920.
( Léon Blum gardera «la vieille maison SFIO* »alors minoritaire).
-   SFIC : Section Française de l’Internationale Communiste
-   SFIO :Section Française de l’Internationale socialiste
- syndicalement à la CGTU : Confédération Générale du Travail Unitaire.
 
1921- Scission de la CGT, naissance de la CGTU.
Le syndicalisme français apparaît divisé pour la première fois : CGT, CGTU, et CFTC.
*La CFTC (syndicalisme chrétien) est née en 1919.
La division entre les deux branches de la CGT persistera jusqu’en 1935/1936.
Comme le PC, la CGTU est l’organisation majoritaire, à tendance révolutionnaire et communiste. Elle devient la «courroie de transmission» du PC, ce qu’elle n’était pas initialement. Elle adhère à l’ISR.
Peu à peu la CGTU perd de sa substance, s’étiole, du fait de ses rapports de suggestion avec un PC qui se stalinise et se sectarise fortement. Cela conduit des militants à créer en 1924 une branche différente : La CGT- SR (syndicaliste révolutionnaire).
Au début des années 30, la CGTU a perdu beaucoup de ses adhérents, mais reste importante :
(1929 : CGT : 750 000 ; CGTU : 400 000.) à la différence d’autres pays européens, comme en Allemagne où le courant communiste est devenu marginal au sein du mouvement syndical, avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933.
Les axes de lutte choisis expliquent ce déclin relatif en France :
-         Actions sur les salaires, les retraites ;
-         Mais aussi sur des thèmes politiques : défense de l’URSS, grève générale de 1928 ;
-         L’antimilitarisme qui provoque l’internement de dirigeants ;
-         La campagne de dénonciation du colonialisme.
Cette histoire de la CGTU n’est toujours pas écrite, avec ses pages de régression sectaire et partisane, mais aussi ses pages de gloire pour des luttes difficiles à son honneur dans le contexte de l’époque.
 
LA CGT, de 1921 à ...
La CGT réformiste rattrape son retard dans le courant des années 20 et au début des années 30. Elle mène une action différente de la CGTU, une politique de participation, Jouhaud étant favorable à la « présence ».
Elle va participer à la création du Conseil national Economique en 1925 (disparu en 1939 et renaissant à la Libération en Conseil Economique et Social). Elle joue un rôle important au Bureau International du Travail, sous l’égide de la Société Des Nations. Elle est fortement représentée au sein de la Fonction Publique.
Cependant entre 1921 et 1935, le mouvement syndical s’est affaibli du fait de sa division. Si au sortir de la guerre seront signées les premières Conventions collectives, aucune ne sera négociée ensuite jusqu’au Front Populaire.
La réunification
A partir de 1934, des changements politiques s’opèrent en France, consécutifs à la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne, suite au fascisme italien avec Mussolini en 1921.
Staline a changé de politique : il tend la main aux socialistes, particulièrement en France sous l’influence de Maurice Thorez, et aussi en Espagne avec la République qui a renversé la monarchie.
Le rassemblement politique entre la SFIO et la SFIC puis avec le Parti Radical donne naissance au Front Populaire, non sans difficulté.
Il se fait dans la lutte. Le 6 février 1934, la CGT et la CGT U mobilisent contre le coup de force des ligues d’extrême-droite. Le rapprochement entre CGT et CGTU est difficile, mais ses conditions sont favorisées par l’union politique.
En Mars 1936, les deux centrales se réunifient à Toulouse sous le sigle CGT.
Du point de vue sociologique, ce sont deux organisations complémentaires qui se rassemblent :
-         la CGTU avec les ouvriers spécialisés des industries privées, des grandes entreprises industrielles ;
-         la CGT qui repose sur la Fonction Publique, les secteurs les plus qualifiés, l’aristocratie ouvrière.
Ce sont ces éléments qui permettent de comprendre la dynamique populaire qui suivra la victoire électorale du Front Populaire. De puissants mouvements de grève éclatent en Juin 36 : 2,4 millions de grévistes, 11 000 grèves paralysent la production industrielle. Avec cette caractéristique :
moins l’organisation était importante et plus les grèves étaient massives ;
plus le syndicat était puissant et moins les grèves étaient suivies.
Dans le secteur privé, les syndicats de la CGTU étaient formés de petits noyaux très actifs à la différence de la CGT intégrée dans les administrations du secteur public. Il y a peu de grèves chez les fonctionnaires.
Le mouvement communiste est puissant. Sous son influence qui se renforce, un torrent de syndiqués défile et s’organise.
 
La CGT réunifiée : 800 000 s. en 1936 ; 5 millions en 1937 : une explosion syndicale.
Dans la métallurgie les effectifs sont multipliés par 100, par 30 dans la chimie.
Pour la première fois, nous avons en France un syndicalisme de masse : plus d’un ouvrier sur deux est syndiqué à la CGT.
 
 
Le courant communiste se renforce dans les fédérations qu’il domine. En 1937/38, existent au sein de la CGT, les éléments qui lui permettront de la contrôler à la Libération.
Le courant unitaire reconnaît le rôle des nationalisations qu’il condamnait auparavant pour dérive capitaliste.
L’euphorie est de courte durée :
-         en 1937, c’est la pause imposée à Léon Blum par les Radicaux ;
-         c’est le recul du Front Populaire. Daladier(Radical), nouveau Président du Conseil, prend des mesures de limitation des salaires et d’augmentation du temps de travail.
La grève générale de 1938 se traduit par un échec, après laquelle s’ensuit une très sévère répression patronale. La Cgt perd un tiers de ses effectifs. En 1939, elle ne compte plus que 2,5 millions et demi d’adhérents. Ce qui demeure néanmoins important.
La CGT est à nouveau divisée en trois tendances :
- le courant communiste ;
- le courant réformiste de Léon Jouhaud ;
Un nouveau courant appelé «syndicats», du nom de leur journal. Ces militants proviennent du courant réformiste et sont résolument anticommunistes. Ils représentent 20 % des syndiqués. Parmi eux se développe la tendance «planiste» (d’origine belge), qui a été exclue de la SFIO, mais reste influente à la Cgt.
 
23.08.1939 - Signature du parc germano-soviétique. C’est un véritable tremblement de terre.
Les «unitaires» qui approuvent ce pacte sont exclus de la Cgt. Dans les faits c’est une seconde scission, mais qui sera vécue différemment de celle de 1921.
Septembre 1939- C’est la guerre : Les troupes d’Hitler envahissent la Pologne.
Ces évènements empêchent la concrétisation de la scission.
16.08.1940- Le gouvernement de Vichy dissout les syndicats : Cgt, CFTC, patronal. Ils sont remplacés par des organisations corporatistes.
 
1940-1947 . La conquête communiste de la Cgt.
Pendant la guerre, une partie du mouvement syndical verse dans la collaboration. Ce sont essentiellement les syndicats planistes. René Beulin, bras droit de Léon Jouhaud est secrétaire d‘Etat à la production industrielle. C’est une partie très minoritaire du mouvement syndical.
Parallèlement un syndicalisme se développe dans l’illégalité, puis dans la Résistance.
En nov. 1940 - Déclaration politique de douze dirigeants syndicaux : CGT et CFDT s’opposent à la Charte du Travail de Vichy.
Septembre 1943 - Signature des accords du Perreux où Jouhaud était assigné à résidence. Unitaires et réformistes se retrouvent et recréent la CGT. De ce fait la Confédération va pouvoir participer au Conseil national de la Résistance.
La Libération en 1945, va permettre une nouvelle envolée syndicale.
1946 : six millions de salariés sont syndiqués à la Cgt unifiée.
Les Unitaires communistes, très actifs dans la résistance, sont l’aile marchante de la Cgt. C’est de cette période que date le contrôle de la Cgt par le PCF. Le syndicat se fait le défenseur de la bataille pour la production. Les communistes sont au gouvernement et M. Thorez encourage les travailleurs à se retrousser les manches.
Benoît Frachon, membre de la direction du PCF, devient le secrétaire général de la CGT. Elle adhère à la FSM (Fédération syndicale Mondiale – dirigée par les communistes).
1947- C’est le début de la «guerre froide» et les divergences réapparaissent au grand jour. De grandes grèves, très importantes, sont sévèrement réprimées par Jules Moch ministre socialiste qui crée les CRS. Ce sont de véritables affrontements sur fonds de tickets de rationnement et de privations. Les ministres communistes sont expulsés du gouvernement.
Le plan Marshall va cliver le mouvement syndical.
Les réformistes se regroupent autour de « Résistance ouvrière » qui devient Force ouvrière.
Fin 1947, à la suite des grèves, FO quitte la CGT. Ce sera la dernière grande scission de la confédération. Elle instaure l’ère du pluralisme syndical.
La CGT, fille aînée du PCF...
Toute l’histoire de la Cgt depuis 1947 jusqu’en 1990, est marquée par ses liens avec le PCF. Elle est tiraillée entre :
-         jouer un rôle de courroie de transmission du PCF et voir son influence et ses effectifs baisser ;
-         ou mettre l’accent sur l’autonomie et voir ses effectifs remonter.
C’est ainsi qu’une Cgt dogmatique alternera avec une Cgt pragmatique, créant une tension permanente.
1956-1982-
La CGT est plongé dans un ghetto par la guerre froide, du fait de son alignement idéologique sur les positions du PCF.
Après la fin de la guerre d’Algérie, elle sort de l’isolement en mettant sur pieds une nouvelle stratégie qui prend corps en 1966 avec : le pacte d’unité d’action avec la CFDT. Cette alliance suit la candidature de François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1965, soutenue dès le premier tour par le PCF et la SFIO.
1967-1977 : dix années d’unité d’action.
Les grandes grèves de 1968, avec l’occupation des entreprises, vont conduire aux «accords de Grenelle». Les salaires vont considérablement progresser, en particulier le salaire minimum, et la section syndicale d’entreprise sera enfin reconnue.
Les divergences syndicales vont fragiliser cette unité mais elle se maintiendra jusqu’en 1977, jusqu’à la rupture par le PCF, du programme commun avec le PS. C’est une période de renforcement du mouvement syndical.
A partir de 1978, la CGT et la CFDT divergent.
Cette période 1960-1977 a constitué l’âge d’or du mouvement syndical. Depuis c’est la crise.
 
Sociologie de la CGT
La CGT qui représentait 53 % des salariés syndiqués en 1946, ne représente plus aujourd’hui que 3 % des syndiqués français, avec 700 926 adhérents en 2005.
Bernard Thibault (SNCF), en est le secrétaire général depuis 1999.
Sa sociologie s’est modifiée au cours du temps :
En 1946, elle représentait 53 % des salariés syndiqués.
-         ouvriers :                                    1945 : 65 % - 1998 : 39 % .   
-         techniciens, maîtrise, cadres :      «      12 %   -    «     27 % .
Son implantation est faible chez les femmes : 48 % du salariat pour 27 % des syndiquées.
La tendance est au vieillissement : en 1999, les 2/3 des adhérents ont plus de 40 ans.
Elle est sur représentée dans le secteur public par rapport au privé :
2001 – Fédérations des mines et de l’énergie, (EDF),                                          12 % des effectifs ;
                                      métallurgie                                                                       10 %
                                      services publics , la Poste                                                   9 et 9 %
                                      Santé ( Hôpitaux, cliniques)                                               8%
                                      SNCF                                                                                  8%
Cependant, la CGT demeure le première en terme d’audience électorale :
- Comités d’entreprise     : 2001 - 23 %
- Prud’hommes                : 2002 - 32,1 %       - CFDT : 25 %    - FO : 18 %
L’abstention aux élections prud’homales progresse régulièrement : 36,9 % dans le secteur privé en 1979 pour 67,3 % en 2002.
 
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 09:11
  Le 13 octobre 1906 à son congrès d’Amiens la CGT expose dans une déclaration, une série de dispositions élevant en charte des principes et objectifs syndicaux.
Principes : Le Congrès réaffirme le principe de la lutte de classes des exploités contre les exploiteurs en vue de soustraire les travailleurs à l’oppression, tant matérielle que morale, mise en oeuvre par la classe capitaliste. La CGT regroupe tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat, en dehors de toute école politique. Les moyens pour parvenir à cet ultime objectif révolutionnaire est la grève générale. Elle est la solution qui permettra d’installer le syndicat comme base sociale de réorganisation de l’économie et où le syndicat sera à la fois le groupement de production et de répartition des richesses produites. Le congrès précise ses objectifs en indiquant que le syndicalisme devait entraîner simultanément une double besogne
1                    • Réaliser les conditions permettant l’amélioration immédiate de la vie des travailleurs.
2                    • Réaliser les conditions de l’émancipation intégrale par l’expropriation des biens des capitalistes. Cette double besogne doit conduire les travailleurs à considérer que leur appartenance au syndicat est un impératif essentiel de la transformation sociale, quelle que soit sa catégorie ou classe sociale et quelles que soient ses tendances philosophique et politique. Cette exigence d’appartenance syndicale implique pour le syndiqué une double règle de vie en interne au syndicat. Que le syndiqué a l’entière liberté de participer de dehors du groupement corporatif, à l’exercice de ses propres convictions politiques ou philosophiques, et qu’en contrepartie, le syndiqué s’engage à ne pas introduire dans le groupement corporatif les opinions qu’il professe en dehors. L’exercice d’un droit politique nouveau pour les citoyens a été un acte social fort en 1905 alors qu’un an plus tard, la CGT suspendait ses syndiqués de l’exercice de leurs opinions politiques ou philosophiques à l’intérieur du syndicat. La charte d’Amiens a mise de coté le débat politique par lequel le droit institutionnel et les politiques exécutives qui en garantissent le respect sont nécessaire à l’accomplissement révolutionnaire, notamment celui qui consiste à faire du syndicat le groupement de production et de répartition des richesses produites. Cette contradiction est structurelle à la charte car elle déclare s’adresser qu’aux seuls travailleurs salariés et conscients des luttes à mener pour réaliser l’idéal révolutionnaire d’expropriation capitaliste. Cette disposition a contribué aux dissensions syndicales qui ont donné naissance à d’autres organisations syndicales au cours du 20° siècle. Ce positionnement à l’égard du politique a conduit le citoyen à considérer le politique comme agissant sur le mouvement social de façon intéressé et dont le seul but serait la récupération électorale. Cette forme de pensée a participé de la disqualification du monde politique et par la même à son rejet. Néanmoins, la question du projet politique soutenue par les différents partis politiques ne doit pas laisser indifférent le syndicalisme. Les étapes électorales doivent pour les syndiqués être l’occasion de faire avancer leur revendication et la possibilité pour le syndicat de confronter les programmes des différents partis politiques, à son ambition syndicale, à sa double besogne. (Daniel Cojean, CGT RATP)   CHARTE D'AMIENS Le congrès confédéral d'Amiens confirme l'article 2, constitutif de la CGT : "La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat..." Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classes qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d'exploitation et d'oppression, tant matérielle que morale, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière. Le Congrès précise, sur les points suivants, cette affirmation théorique: Dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l'augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n'est qu'un côté de l’œuvre du syndicalisme; il prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste; il préconise comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale. Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d'avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs, quelles que soient leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d'appartenir au groupement essentiel qu'est le syndicat. Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l'entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu'il professe au dehors. En ce qui concerne les organisations, le Congrès décide qu'afin que le syndicalisme atteigne son maximum d'effet, l'action économique doit s'exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n'ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre, en toute liberté, la transformation sociale. Déclaration adoptée le 13 octobre 1906 par le IXe Congrès de la Confédération Générale du Travail, réuni du 8 au 14 octobre 1906 à Amiens. (Texte adopté par 830 voix contre 8 et 1 blanc)  
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 15:04
Le 1° novembre 2006, il s’est produit un évènement considérable pour le monde des travailleurs, pour le monde syndical : la naissance de la CSI (Confédération Syndicale Internationale). Cette centrale mondiale regroupe 309 organisations de 156 pays qui rassemblent 167 millions de syndiqués. C’est la première fois dans l’histoire du syndicalisme que se crée une confédération quasi unique.
Le syndicalisme international
1913- Apparaît la FSI (Fédération syndicale Internationale) qui vise à regrouper les organisations syndicales du monde. Elle siège à Amsterdam. Elle est essentiellement européenne et Nord-américaine.
1917- La révolution Bolchevique en Russie, la création des partis communistes en 1920, vont bouleverser aussi le monde syndical.
Sous l’impulsion des Soviétiques, la FSI éclate en 1920 : le courant révolutionnaire crée l’ISR
(Internationale des syndicats Rouges ou PROFINTERN).
Après la guerre, le Chrétiens-sociaux créent la CISC (Confédération International des Syndicats Chrétiens.)
Le paysage syndical se divise comme le paysage politique du monde ouvrier, entre socialistes réformistes, révolutionnaires communistes, et Chrétiens.
En France, la CGT Unitaire (Communiste) se détache de la CGT (créée en 1895). Elle se réunifiera au moment du Front populaire en 1936. Les Chrétiens sont rassemblés dans la CFTC qui est née en 1919.
1945- La FSI devient la FSM qui est son prolongement ; l’ISR a disparu dans les années 30. FSI et ISR se retrouvent dans la FSM( Fédération Syndicale Mondiale)
1949- La FSM se divise ; la CISL (Confédération des syndicats Libres) se crée sous l’influence de l’AFL-CIO (Etats-Unis). C’est la guerre froide. La CGT reste à la FSM. Tandis que la CGT-FO (Force Ouvrière), réformiste, de tendance sociale-démocrate est créée avec l’aide et les fonds de la CIA au moment des grandes grèves de 1947. Elle est fondatrice de la CISL. La CFDT, scission de la CFTC la rejoindra en 1982.
1969- La CISC devient la CMT (Confédération Mondiale du Travail), avec la déchristianisation du syndicalisme chrétien (création de la CFDT).
1973- La CEE amène les syndicats européens à se regrouper dans la CES ou ETUC (Confédération Européenne des Syndicats).
Les trois structures : communiste, sociale-démocrate, chrétienne, coexistent.
1989- Chute du mur de Berlin : la FSM est en crise à partir de 1990, avec l’éclatement de l’URSS.
1994- La CGT sort de la FSM, pour devenir non affiliée.
2004- CISL et CMT décident de se rapprocher et créent la CSI
Cette création constitue un bouleversement très important ; Les sociaux-démocrates, les chrétiens, ainsi que les anciennes organisations de la FSM sont rassemblés dans une même organisation.
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 15:01
Repères historiques
1791 Loi Le Chapelier interdisant le droit de coalition des métiers
1831 Révolte des canuts à Lyon, échec des négociations menées par le préfet. L'insurrection sera durement réprimée.
1848 Révolution
Face à la répression menée par la bourgeoisie au pouvoir, jonction du mouvement social et républicain. Sous la pression populaire, le nouveau gouvernement adopte des mesures démocratiques et sociales : proclamation de la liberté d'association, du suffrage universel et du droit du travail, ouverture des Ateliers nationaux pour assurer aux chômeurs le droit au travail, décret limitant la durée
de travail à 10h à Paris et à 11h en province, abolition de l'esclavage colonial
1871 La Commune de Paris
C'est la première révolution prolétarienne. Outrés par l'armistice avec la Prusse, les Parisiens se révoltent contre le pouvoir et élisent une assemblée qui prend le nom de Commune. La répression de ce fait près de trente mille morts. Œuvre sociale de la Commune de Paris : abolition du travail de nuit dans les boulangeries, gestion démocratique des entreprises fermées par le patronat ou travaillant pour la Commune. Apparition du premier mouvement féminin de masse.
1884 SyndicatsLoi Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux
1886 Fédération
Création de la Fédération nationale des syndicats (FNS), d'inspiration guesdiste. Jules Guesde, l'un des socialistes les plus connus et les plus actifs, contribue à la diffusion des idées de Marx en France
1890 1er mai
Première célébration française et internationale de la journée d'action du 1er mai. Le 1er mai 1891, à Fourmies (Nord) la troupe tire sur des grévistes : neuf morts, 35 blessés
1892 Bourses du travail
Création de la Fédération des Bourses du travail, marquée par le syndicalisme révolutionnaire de Fernand Pelloutier
1895 CGT : Congrès constitutif de la Confédération générale du travail (CGT) à Limoges (23-28 septembre
1900 Journal Création de La Voix du peuple, organe de la CGT
1902 Structures
Le Congrès de Montpellier donne à la CGT sa double structure : fédérations et unions départementales.
1906 Charte d'Amiens
Adoptée au congrès elle donne au syndicalisme confédéral quelques uns de ses traits spécifiques : la lutte des classes ; la lutte quotidienne pour des améliorations immédiates mais aussi la lutte pour la disparition du salariat et du patronat ; indépendance vis-à-vis des organisations politiques
1909 La Vie ouvrière
Premier numéro de cette " revue d'action " qui se définit comme " syndicaliste Révolutionnaire, antiparlementaire ".
1910 Retraites
Loi sur les retraites ouvrières et paysannes. L'âge de la retraite est fixé à 65 ans. L'espérance de vie est alors de moins de 49 ans.
1913 Internationalisme
Constitution du Secrétariat syndical international auquel participe la CGT. En 1919 il sera remplacé par la Fédération syndicale internationale (FSI).
1919 Conquête
Loi sur la journée de huit heures et sur les conventions collectives. Création de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
1921 Le Peuple,
Naissance de l'organe officiel de la CGT
1930 Droit social
Vote définitif de la loi sur les Assurances sociales
1934 Liberté
En riposte à l'émeute du 6 février, grève générale " contre le fascisme " à l'appel de la CGT et de la CGTU (organisation, née en 1920, d'une scission de la CGT)
1936 Accords Matignon
Réunification de la CGT et de la CGTU.Victoire électorale du Front populaire. Vague de grèves avec occupations d'usines. Accords Matignon : relèvement des salaires, extension des conventions collectives et institution de délégués du personnel, semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés
1939 Années noires
Début de la Seconde Guerre mondiale (3 septembre).Le 18 septembre , le Bureau confédéral de la CGT vote une déclaration excluant les militants qui refusent de condamner le pacte germano-soviétique. Cette décision est approuvée par la Commission administrative le 25 septembre.1940, dissolution des centrales syndicales ouvrières et patronales.1941, promulgation de la Charte du travail interdisant les grèves et le lock-out
1943 Unification
Les Accords du Perreux , signés par Robert Bothereau et Louis Saillant pour les " ex-confédérés " ; Henri Raynaud et André Tollet pour les " ex-unitaires ", reconstituent la CGT.
1944 Résistance
Participation de la CGT au programme du Conseil national de la Résistance (CNR) définissant les nationalisations, la Sécurité sociale et les comités d'entreprises. Création de la Confédération générale des cadres (CGC).
1945 Conquêtes
Début des nationalisations, création des comités d'entreprise et mise en place de la Sécurité sociale. Fin de la seconde Guerre mondiale (8 mai : capitulation allemande, 2 septembre : capitulation japonaise).Création de la Fédération syndicale mondiale (FSM) à laquelle adhère la CGT.1946, promulgation du Statut général des fonctionnaires. Début de la Guerre d'Indochine (19 novembre 1946). Pendant toute la durée du conflit, la CGT organise des manifestations de solidarité à l'égard du peuple vietnamien et en faveur de la paix.
1947 Guerre froide
Lancement du " Plan Marshall d'aide à l'Europe ", destiné à assurer la reconstruction de l'Europe, sous la houlette américaine. Ce plan marque le début de la Guerre froide. Vague nationale de grève pour une hausse salariale de 25%, un minimum vital de 10 000 francs et la révision trimestrielle des salaires. Après la période noire qu'ont représenté les années de guerre puis d'immédiat après-guerre, la vie quotidienne reste tout aussi difficile. Scission de
la CGT : des responsables de la Confédération, réunis autour du journal Force ouvrière, favorables au plan Marshall et contre le mouvement de grève de1947, donnent leur démission et quittent la CGT pour créer la CGT-Force ouvrière (CGT-FO).
1949Division
La FSM critique le plan Marshall et l'influence américaine en Europe, ce qui provoque une scission. Les syndicats des Etats-Unis, d'Angleterre et des Pays-Bas se retirent de la FSM. Ils créent la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) à laquelle adhère la CGT-FO
1950 Conquêtes
Vote de la loi sur les Conventions collectives. Création du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig).
1953 Retraites
Du 4 au 25 août, grande grève dans les services publics. Le 4 août, la CGT puis la CFTC appellent à une journée d'action des secteurs public et nationalisé contre le recul de l'âge à la retraite. Les postiers de Bordeaux décident la poursuite du mouvement. Aussitôt les confédérations CGT, FO, CFTC appellent à la grève générale
dans ces secteurs. Le 14 août, on compte quatre millions de grévistes
1954 Libération
Début de la guerre d'Algérie (1er novembre). Durant tout le conflit la CGT soutient " les revendications des Algériens et leurs aspirations nationales. "
1956 Conquête
Troisième semaine de congés payés
1962 Paix
Une manifestation anti-OAS durement réprimée fait 9 morts au métro Charonne. Accords d'Evian, fin de la guerre d'Algérie (18 mars).
1963 Les mineurs
A l'appel de la CGT et de FO, vaste mouvement de grèves des mineurs. Ils s'inquiètent des incertitudes pesant sur leur profession et revendiquent une augmentation des salaires
1964 CFDT
Déconfessionnalisation de la CFTC qui devient la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Une minorité garde le nom CFTC maintenue
1966 Unité
Accord revendicatif entre la CGT et la CFDT
1968 Grève générale
En mai et juin sept millions de travailleurs en grève et occupent leurs usines. Constat de Grenelle : augmentation de 35% du salaire minimum, reconnaissance de la section syndicale à l'entreprise…
1970 Unité
Nouvel accord CGT-CFDT sur des revendications prioritaires : revalorisation du Smic, retraite à 60 ans, semaine de 40 heures, emploi, heures de formation syndicale…
1973 CES
Création de la Confédération européenne des syndicats (CES).
1981Gouvernement de gauche
Vote de la Loi de nationalisation (cinq groupes industriels, 36 banques).Ordonnances réduisant la durée du travail à 39 heures, instituant la cinquième semaine de congés payés et ramenant l'âge de la retraite à 60 ans. Lois sur les droits des travailleurs dans l'entreprise, notamment le droit d'expression pendant le temps de travail. Création des Comités d'hygiène, de sécurité et conditions de travail (CHST)
1988 Infirmières
Mouvement de grève des infirmières à l'appel d'une Coordination nationale qui réclame notamment une augmentation significative des salaires et de véritables moyens pour la formation. Après la défection des autres syndicats, la CGT est seule à soutenir le mouvement.
1993 Syndicats
Création de la Fédération syndicale unitaire (FSU) par 13 syndicats exclus ou en dissidence avec la FEN.Création de l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA).
1995 Cheminots
Importants mouvements de grève contre le plan Juppé (novembre-décembre).Lors de son 45e Congrès, la CGT décide de rénover ses statuts et de quitter la FSM.
1999 CES
La CGT adhère à la Confédération européenne des syndicats.
2003 Retraites
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